Le glaive et la charrue

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    Vers l’an 120 av. n. è., les armées de l’empire des Han franchissent le fleuve Jaune et se lancent à la conquête d’immenses territoires pour eux inconnus et hostiles qu’ils nomment, faute de mieux, « les contrées d’Occident », autrement dit l’Asie centrale. Le livre retrace le déroulement de cette expansion du monde chinois à l’ouest de son berceau originel, un processus qui devait connaître bien des vicissitudes et aboutir à un échec puisqu’à la fin du VIIIe siècle l’empire chinois, celui des Tang, abandonna ces territoires pendant presque mille ans, chassé par diverses puissances centrasiatiques émergentes (Tibétains, Ouigours, etc.). On sait que l’empire n’y reprendra pied qu’à partir de 1745, sous l’empereur mandchou Qianlong, encore que la reconquête fût alors accomplie par des troupes composées en majorité de Mandchous, de Mongols et d’autres ethnies non chinoises. La recherche des raisons de cet échec initial amène l’auteur à contester bien des a priori issus de l’historiographie chinoise traditionnelle. D’abord, le principe même d’une expansion territoriale fut un objet constant de polémique au sein de l’appareil d’État. Ensuite, l’efficacité des fameuses « colonies militaires agricoles » n’était qu’une fiction entretenue par les partisans d’une politique impérialiste à long terme. N’étant jamais économiquement viable, aucune de ces colonies, pourtant présentées comme le fer de lance de l’entreprise de colonisation, n’atteignit les objectifs qu’on en attendait. Pour traiter de ce point capital, l’auteur fonde son argumentation sur l’étude de trois cas d’implantations coloniales que l’on peut analyser avec précision grâce à trois fonds documentaires de dates et de provenances distinctes, tous d’une richesse exceptionnelle : les manuscrits sur fiches de bois retrouvés par milliers aux confins de la Mongolie (vallée de l’Etsin-gol), les archives sur bois et sur papier de la colonie de Loulan (bassin du Tarim), et les manuscrits exhumés des nécropoles du bassin de Tourfan. Afin d’expliquer la fragilité des conquêtes impériales dans l’Ouest, l’auteur conteste d’autres idées reçues. En termes de technologie agraire et hydraulique, les Chinois ne disposaient pas d’une supériorité susceptible de leur permettre de s’imposer aux paysans autochtones sur le territoire desquels ils cherchaient à s’installer. Un autre facteur de faiblesse, aux conséquences plus lourdes encore, tenait à une réalité souvent négligée par les sinologues : les États établis à proximité du domaine chinois avaient atteint un haut niveau de civilisation, et cela sous l’influence quasi exclusive des mondes indien et iranien dont ils étaient eux-mêmes issus et auxquels ils avaient emprunté leur culture, leur écriture et jusqu’à leur façon de mesurer les champs, inconnue des Chinois. Ainsi, contrairement à ce qui est dit le plus souvent, la résistance des peuples de l’Ouest à la pénétration chinoise ne résultait pas au premier chef de leur puissance militaire. L’image des hordes de cavaliers nomades fondant sur les terres des paysans sédentaires est pour une bonne part un cliché utilisé par le pouvoir pour cimenter l’unité d’un empire souvent menacé de division.

    Format Broché
    Nbr Pages Rom 0
    Nombre de pages
    520
    Illustrations 1
    Collection Hors collection de institut des hautes études chinoises (Collège de France)
    ISBN 13 978-2-85757-080-6
    Type Nom